L’histoire
Tout part d’une ambition jamais réalisée : produire de l’énergie à partir des eaux usées et sans rejet de gaz à effet de serre. « Aujourd’hui, le procédé utilisé pour assainir l’eau est énergivore et rejette du CO2 dans l’atmosphère », constate César Narvaez. Mais l’idée paraît trop belle pour voir le jour. Et pourtant…ce passionné de technologie qui inclut le vivant, est persuadé que les micro-algues, accusées par ailleurs de détériorer les milieux aquatiques, ont un rôle à jouer. Il va falloir le démontrer. En 2016, il crée NXO Engineering pour expérimenter son idée. « J’avais écouté un discours de Carole Delga qui souhaitait que l’Occitanie devienne la première région à énergie positive d’ici 2030 ». Il n’en fallait pas plus pour le convaincre de se lancer.
Le concept
En 2018, une première station d’épuration, NXStep, voit le jour à Cournonsec. L’hypothèse est vérifiée : les micro-algues purifient l’eau en absorbant l’azote et le phosphore et en produisant une quantité importante d’oxygène qui désinfecte les bactéries pathogènes et permet aux autres bactéries de dégrader la matière organique. L’eau nettoyée est séparée d’une boue verte qui, elle, servira de matière première à la production de biogaz. Le tout, avec la seule énergie solaire. En 2021, l’Ademe valide une deuxième station, Volta, pour tester la production de biogaz à plus grande échelle. En 2024, NXO s’installe à Lunel, bénéficiant du dispositif immobilier d’entreprise de Lunel Agglo, avec l’objectif d’utiliser sa technologie pour décarboner les fumées industrielles. « On travaille déjà avec Suez et Améthyste pour réduire leurs émissions de CO2 et nous sommes en train de démarcher les entreprises de l’agglo. »
La philosophie
Au travers de son innovation labélisée greentech et deeptech, l’entreprise s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et de valorisation des déchets. « On apporte une réponse au triple enjeu de l’eau, de l’énergie et du climat ». L’installation de NXO, en plus de générer 3 emplois sur le territoire, a également permis de recycler une friche commerciale puisque le site qui se trouve le long du Vidourle, derrière l’hôtel-restaurant Mon Auberge, était sans activité depuis quelques années.
Et demain ?
César Narvaez et son équipe continuent de développer leur technologie pour les proposer aux collectivités. En utilisant non plus des bassins pour la culture des micro-algues mais des bioréacteurs, gros cylindres montés à la verticale entièrement perméables à l’énergie solaire. Ils nécessitent moins de superficie pour augmenter la production. NXO cultive également d’autres souches de micro-algues pour une gamme de produits cosmétiques et de bien-être. L’entreprise compte 9 salariés dont 3 sur le site de Lunel.