« Dans notre région, nous avons une problématique liée à un excès d’ensoleillement : les pommes prennent des coups de soleil et pourrissent, ce qui nous oblige à appliquer un traitement au talc », explique Anton Laubriet, directeur de Sud Expé à Marsillargues. La station de recherche, sorte de laboratoire à ciel ouvert, accueille 8 rangées de panneaux solaires, sur 1 000 m2, installés sur 8 lignes de pommiers de 6 variétés différentes. Une rangée de pommiers sans panneaux permet d’effectuer des comparatifs.
Critères de recherche
Le projet Evapore est porté par EDF Power Solutions, Sud Expé et l’entreprise Cybeltech. Il est financé par EDF et l’Ademe. Il vise donc à protéger les pommiers du soleil, des épisodes de gel, mais pas que. « Nous allons aussi voir si l’ombre portée réduit l’évapotranspiration des végétaux et, donc, la consommation en eau », poursuit Anton Laubriet. Avec une question : est-ce que l’humidité ainsi créée n’entraînera pas la prolifération de maladies et d’espèces ravageuses ? Autre sujet d’étude : l’impact des panneaux sur la structure et la biodiversité du sol. Tous ces éléments seront observés jusqu’en 2027, au moins.
Fonctionnement
Les panneaux sont pilotés à distance par l’entreprise Cybeltech, qui définit une stratégie d’orientation en fonction du rayonnement et des besoins de luminosité des pommiers. Cette modélisation peut évoluer selon les saisons, les conditions météorologiques et les observations de terrain.
Production d’électricité
Bien qu’opérationnels en ce sens, les panneaux ne produisent actuellement pas d’électricité. Au vu du caractère expérimental du projet, la réglementation ne permet pas un raccordement au réseau. La production est néanmoins reconstituée à travers une modélisation.
Une station de recherche, à quoi ça sert ?
Sud Expé a été créée en 1979, comme la plupart des stations de recherche en France. Ses travaux portent actuellement sur la gestion des produits phytosanitaires, de l’eau, la fertilisation, les modes de conduite de l’arboriculture et du maraîchage. « Nous sommes une vitrine pour voir ce qui marche, ce qui ne marche pas et donner des références objectives aux producteurs », souligne Anton Laubriet. La station est une structure de droit privée ayant pour actionnaire majoritaire les chambres d’agriculture de l’Hérault et du Gard.